Catalogue

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Musiques de concert

  • Promenade d’enfance, 1990.
  • L’heure alors s’incline … Hommage à Luigi Nono, 1991. Commande de la D.R.A.C. Bourgogne.
  • Thème d’Ubu, 1992 (version concert d’une musique de scène)
    Passagers imminents, 1993
  • Suite en mouvements pièces pédagogiques pour violoncelles et bande, 1995.
    Commande de la D.R.A.C. Ile-de-France
  • Dévoilement, 1997.
  • Images de nature et mobilité, 1997-1998, pièce pédagogique en co-création avec Mirtha Pozzi, pour percussions, support et dispositif en direct. Commande de l’état.
  • Si l’oiseau par hasard…, 1998. Commande de l’INA-GRM.
  • Le temps du ciel : entropie, 2000. Commande des « Promenades musicales en Pays d’Auge », D.R.A.C. Basse-Normandie.
  • Les frontières de l’autre, 2001. Commande de l’état et des « Promenades musicales en Pays d’Auge ».
  • La condition captive, 2003. Commande de l’Etat et du festival “ Caen soirs d’été ”
  • Pierres cantabiles, 2004. Commande de la Communauté des communes du Pays du Cheylard en Ardèche.
  • Canal instantané, 2004. Commande de la DRAC Ile de France.
  • Vertiges, 2005, Commande de la communauté des communes du Pays du Cheylard.
  • Etincelles 2005. Version concert. Commande de l’Intitut Curie.
  • Si je les écoutais… 2007. Commande de l’Etat. Crée à Radio France dans le cadre de la saison Multiphonies 2007-2008, 50 ans du GRM.
  • Marche, quitte et va, 2008 en co-création avec Béatriz Ferreyra. Commande de la communauté des communes du Pays du Cheylard

Scénographies musicales

  • Pierres cantabiles, 2004. Sur le chemin des cinq sens, sentier d’art in situ. Commande de la Communauté des communes du Pays du Cheylard en Ardèche.
  • Variation d’une rive à l’autre, 2004. Promenade artistique le long du canal de l’Ourcq, Paris, Pantin, Bobigny. Dispositif d’expérimentation et de création in situ conçu et produit par l’association l’Art au quotidien.
  • Etincelles, 2005. Spectacle sons et lumières, pour la soirée inaugurale “ Un jardin pour la vie, une jonquille pour Curie ”. Parvis du Panthéon. Production Institut Curie et ZELPHIS.
  • Vertiges, 2005. Sur le chemin des cinq sens, sentier d’art in situ. Commande de la Communauté des communes du Pays du Cheylard en Ardèche.
  • Garonne instantanée, 2005. Labyrinthe sonore dans les jardins éphémères conçus par Sophie Bouriez de Hauteclocque en partenariat avec Truffaut. Festival des jardins, Bordeaux.
  • Sourire de l’ange, 2006, 20. Sur le chemin des cinq sens, sentier d’art in situ. Commande de la Communauté des communes du Pays du Cheylard en Ardèche.
  • Le refuge, 2007. Sur le chemin des cinq sens, sentier d’art in situ. Commande de la Communauté des communes du Pays du Cheylard en Ardèche.
  • Marche, quitte et va, 2008, en co-création avec Béatriz Ferreyra. Sur le chemin des cinq sens, sentier d’art in situ. Commande de la Communauté des communes du Pays du Cheylard en Ardèche.

Musiques de scène et de ballet

  • Un rêve excellent, 1987, de Jean-Michel Guillery, mise en scène Michèle Venard – Théâtre en Perce – Maison de la Culture de Bourges.
  • De Sade, Juliette*, 1989, de Jean Michel Guillery, mise en scène Michèle Venard – Théâtre de l’Atalante-Paris.
  • Féline*, 1989, chorégraphie Claude Brumachon – Opéra de Paris- Centre Georges Pompidou.
  • Ubu enchaîné*, 1992, d’Alfred Jarry, mise en scène Michèle Venard – Théâtre en Perce, Saint-Cyr-l’Ecole.
  • Lame de fond*, 1992, chorégraphie Claude Brumachon – Festival International Danse Aix.
  • Le pressentiment des alligators devant l’escalier*, 1994, chorégraphie Christiane Blaise, avec le soutien du CARGO Création au Festival La Batie de Genève.
    Opus 67-97, 1997, chorégraphie de Dominique Dupuy. Création au théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine.

* Ces pièces ont reçu une aide à la création de la DMDTS

Musiques pour l’image pour les documentaires et films

  • La recherche instrumentale à l’IRCAM, documentaire co-réalisé avec Robert Cahen, FR3 en 1985
  • Rodin-fragments, de Robert Cahen et Roland Schaer, coproduction La Sept- Musée d’Orsay, 1990.
  • Vélasquez, de Didier Baussy, La Sept 1992.
  • Giacometti, vidéogramme de Michæl Gomnitz, coproduction Pandore- Centre Georges Pompidou-La Sept, 1992.
  • Voyage d’hiver, de Robert Cahen, La Sept, 1993.
  • Éty mot, générique de la série réalisée par Stéphane Druais, La Cinquième-I.N.A., 1995.
  • Sistemazione comoda, musique pour une installation vidéo de Donatella Vici. Biennale di Roma.1996.
  • Le temps du ciel, documentaires de S. Druais pour la série « Le Temps, vite » Centre G.Pompidou et la cinquième, 1999
  • La flèche du temps deux films de S. Druais pour la série « Le Temps, vite » Centre G.Pompidou et la cinquième, 1999.

Réalisation collective LIGYS

  • Installation sonore 1995 « Le chant de la Tour Eiffel« , fonctionnement permanent au 1er étage du pilier nord de la Tour Eiffel.

Oeuvres

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Promenade d’enfance (1990) 11’35

 Sons de flûte enregistrés par Patrick Roudan

A cause du matériau sonore non instrumental la musique électro-acoustique dite concrète apparaît souvent, narrative, dramatique ou descriptive, comme surtout littéraire. On est d’autant plus frappé en écoutant les pièces de Christine Groult de leur caractère si strictement musical.

Ce n’est pas seulement parce qu’elle exalte le timbre par le rythme et le rythme par le timbre, mais, on le sent bien à l’usage qu’elle fait des intensités, parce qu’elle soumet toujours ses sons à une écriture et qu’elle obéit à la cohérence, à la logique de celle-ci, qu’elle y parvient.

Il y a chez Christine Groult évitement du caractère représentatif caractéristique et un accès comme immédiat à l’abstraction qui définit la musique. La pièce « Promenade d’Enfance » par exemple, ne laisse pas d’imaginer les événements contingents d’une histoire individuelle mais, dans la violence d’un passé légendaire, elle donne à entendre le destin tragique de chacun d’entre nous qui, dès notre naissance, associe inexorablement existence et éloignement, présence et séparation.  Jean-Louis  BAUDRY

L’heure alors s’incline…(1991) 18’40

Commande de la DRAC Bourgogne

Hommage à Luigi Nono, cette conscience musicale qui ne séparait l’art de la vie et pour laquelle la musique s’apparentait toujours à une quête dépassant l’œuvre et l’homme.

Certaines phrases de la « Hiérarchie céleste » de Denys l’aréopagite, (mystique du Ve siècle qui a nourri la pensée médiévale) ont inspiré cette musique, dont celle-ci : « La diffusion du rayon solaire traverse facilement la première matière qui est plus translucide que toutes les autres et à travers cette matière sa propre splendeur brille d’un éclat apparent. Mais lorsqu’elle rencontre des matières plus opaques, sa puissance de diffusion s’obscurcit car les matières traversées résistent davantage par leur nature même, au passage de l’effusion lumineuse et cette résistance s’accroît progressivement au point d’empêcher presque entièrement le passage du rayon. »

Cette pièce est un lent voyage vers l’ailleurs, une sorte de méditation sur le passage.

Thème d’Ubu (1992) 5’ 53

Ce spectacle a reçu une aide au projet de la Direction de la musique et de la Danse.

Ce morceau est l’ouverture d’une musique de théâtre « Ubu enchaîné » d’Alfred Jarry (1899).

Déchu du trône de Pologne, devenu en France travailleur – esclave condamné de son plein gré à ramer sur les galères turques, Ubu, tyran triomphal, cherche à la fin de la pièce un pays où s’implanter. L’histoire depuis lui a donné monstrueusement le choix.

J’ai intégré des citations des polyphonies de trompes Banda (République centrafricaine).

Passagers imminents (1993) 5’30

« Nous avons connu, nous avons touché un monde, où un homme qui se bornait dans la pauvreté était au moins garanti dans la pauvreté. C’était une sorte de contrat sourd entre l’homme et le sort, et à ce contrat le sort n’avait jamais manqué avant l’inauguration des temps modernes. Il était entendu que celui qui faisait de la fantaisie, de l’arbitraire, que celui qui introduisait un jeu, que celui qui voulait s’évader de la pauvreté risquait tout. Puisqu’il introduisait le jeu, il pouvait perdre. Mais celui qui ne jouait pas ne pouvait pas perdre. Ils ne pouvaient pas soupçonner qu’un temps venait, et qu’il était déjà là, et c’est précisément le temps moderne, où celui qui ne jouerait pas perdrait tout le temps, et encore plus sûrement que celui qui joue. »

C. Péguy, « L’argent (1913).

Dévoilement (1997) 9’ 28

Les Sons instrumentaux sont enregistrés par Françoise Ducos à la Flûte et
par Jacques Saint-Yves au violon.

Version concert d’une fiction chorégraphique conçue et interprétée par Dominique Dupuy.

Aux dires des danseurs, le solo, de toutes les formes de danse, semble la plus périlleuse : celle où le danseur se dévoile et où se révèlent avec le plus d’acuité les traces de son parcours, les séquelles de son travail, les stigmates de sa passion. Plus on va, plus cette tension est prégnante. Le corps du danseur est une mémoire ambulante.

Opus 67-97 était une interrogation sur cette mémoire dont le moteur principal était une interrogation sur « le Faune » de Nijinsky – Debussy. Dans cette mise en abîme, c’est un état que j’ai tenté de faire resurgir, celui de la fragilité, celui de l’ultime limite physique et psychique.

« Si l’oiseau par hasard… », (1998) 17 ’05

 Commande de l'INA-GRM.

La flûte est enregistrée en studio par Karen Fenn et le violon par Elisabeth Robert.

« Si l’oiseau par hasard… » est un travail sur le labyrinthe et Icare. Cette  rêverie musicale  est inspirée par des images de Bachelard que je cite librement :

Imaginer la substance du labyrinthe en opposition à celle de la légèreté, de la liberté aérienne, matières inconsistantes et mobiles.  La matière labyrinthique vit en se perdant en ses propres défilés, elle est un phénomène de viscosité, elle est la conscience d’une pâte douloureuse qui s’étire en soupirant, elle a un léger mouvement qui prépare une nausée, un vertige, un malaise. Le rêve qui y est associé connaît d’instinct cette lenteur. L’expérience labyrinthique déclenche des émotions profondes, premières. La fissure et la torsion en sont  les images initiales, avec une inspiration rauque, une voix profonde et gutturale, elles préparent le redressement. L’expérience aérienne, au seuil de la pesanteur, furtive, rapide, très arrêtée voletant de ci de là, est faite d’une légèreté substantielle. Cette légèreté se mobilise sous une impulsion légère, facile, simple : un léger coup de talon contre la terre donne l ‘ impression d’un mouvement libérateur. Ce mouvement partiel libère une puissance de mobilité qui était inconnue. Si nous revenons au sol, une impulsion nouvelle nous rend aussitôt notre liberté. Une force est en nous, nous connaissons le secret qui la déclenche.

Quand on a longtemps couru, traversé des milliers de couloirs, de salles, quand on s’est perdu dans ces sinuosités sans nombre, d’impasse en impasse, de faux-fuyant en faux-fuyant, il y a un moment où l’on s’en lasse. On devine alors le bruit de son souffle, on ose écouter son angoisse, on ose se taire pour ne plus mentir. Icare implique le labyrinthe. Le redressement de l’organisme aérien est une libération lente et difficile, jamais acquise.

 Les frontières de l’autre (2001) 12′ 55

Commande de la DRAC Basse-Normandie et des Promenades musicales du Pays d’Auge.

Cet extrait de la conférence sur la grisaille de Georges Didi-Huberman a inspiré cette musique.

« Grisaille, donc : de la couleur passée, pâlie, effritée, pulvérisée, décomposée. C’est de la matière agitée par le vent du temps. Ce que j’appelle un vent, les auteurs médiévaux l’ont appelé, à la suite d’Aristote, le diaphane. Le diaphane constituait, selon eux, une condition physique fondamentale pour toute visibilité : « réceptacle de la couleur », lui-même incolore car pensé dans sa dimension de puissance, dans sa nature mixte d’air et d’eau. A ce titre, le diaphane a pu fournir un outil théorique idéal pour justifier que la matière terrestre (c’est à dire le lieu par excellence du péché, de l’humiliation, de la chute adamique et de la mort elle même, puisque la matière se définit d’être, à la différence des corps célestes, susceptible de corruption, de décomposition) -que la matière, donc, soit tout de même traversée par le souffle de la puissance (divine, incorruptible), et accède, par conséquent, à quelque chose comme une splendeur. »

Le temps du ciel : entropie (2000) 14’

à Stéphane Druais

Commande des Promenades musicales du Pays d’Auge

D’un coté le temps…

La première partie est un grand battement métallique qui rebondit de plus en plus et semble aller vers une expansion. Il est peu à peu traité différemment, s’arrache et semble aller vers le désordre pour évoquer l’entropie de l’univers et l’irréversibilité du temps.

De l’autre coté le ciel…

La seconde partie, est inspirée par l’harmonie des sphères, et les rythmes cycliques ; la course du soleil, les phases de la lune, les positions des étoiles sur la voûte nocturne avec ses manifestations rassurantes qui permettent de se repérer dans l’espace.

Mais les mouvements réglés du ciel sont parfois troublés par des phénomènes imprévisibles… Relief tourmenté et parsemé de grands cratères nous laissent imaginer les bombardements incessants des météorites avec leurs chutes et leurs débris.

La condition captive (2003) 12’38

au moulin de Carrouges

Commande de l’état et du festival "Caen soirs d’été" pour un concert en
plein air dans l’enceinte du Château de Caen.

La guerre d’Irak m’a une fois de plus fait douloureusement sentir qu’on était captifs de l’idéologie manichéenne. Sommes-nous irréversiblement pris dans des pensées récupératrices de toutes sortes ?

Ce drame a réveillé en moi la violence et le cataclysme liés au traumatisme subi lors de la destruction brutale d’une maison.

C’est l’image du cocher et de son char, cher au Véda. A l’image du cocher, l’âme est obligée de subir l’emballement du cheval. Et lorsque le Cocher réussit à maîtriser la bête alors l’âme peut descendre du char et se libérer du corps.

Notre captivité, c’est notre condition humaine.

La plupart de mes idées musicales ont été imaginées et déterminées par le lieu de diffusion de cette musique dans l’enceinte du Château de Guillaume le Conquérant à Caen, en plein air.

Canal instantané (2004) 7’57

 Commande de la DRAC Ile de France

Canal Instantané, scénographie électroacoustique s’inscrit dans Variation n°19 – D’une rive à l’autre, un dispositif de création in situ proposé par l’association l’Art au Quotidien.

Variations musicales inspirées par une promenade le long du canal de l’Ourcq, de Paris à Bobigny. Il s’agit de se laisser porter par le rythme de ce canal qui rassemble une succession de “lieux” empreints d’atmosphères très particulières.

Étincelles (2005) 15’ 

à Marie-Caude Defores

Cette pièce est une version concert en stéréo d’une commande de l’Institut Curie pour inaugurer “ Un Jardin pour la Vie, une Jonquille pour Curie ”  week-end de générosité en faveur de la recherche contre le cancer. La création a eu lieu en douze pistes sur l’esplanade du Panthéon avec des lumières conçues par Zelda Georgel. Production Zelphis. Sonorisation Seco.

Prises de sons en collaboration avec Frank Ravail.

La musique a été élaborée à partir des images les plus frappantes d’un siècle d’histoire de la radioactivité. Cette histoire retrace : la découverte du radium, révélée par Pierre et Marie Curie en 1898 ; le travail acharné accompli par Marie Curie, dans son hangar, remuant des heures durant, à l’aide d’une tige en fer, une tonne de minerais, pour extraire un gramme de ce précieux radium ; la mise à jour des vertus thérapeutiques de la radioactivité ; les nouvelles pages que continuent à écrire, jours après jours, chercheurs, médecins et patients.

L’évocation des images musicales, ponctuées d’étincelles fulgurantes, est exprimée d’une part par des sons furtifs et éphémères qui donnent naissance à des danses de particules, gaies et jubilatoires, d’autre part des grandes trames de sons métalliques – gongs, cloches, bols tibétains, cymbalettes – qui appellent à la méditation.

Deux registres très contrastés alternent, l’un grave, lent et secret comme le cours du temps pendant l’épreuve à traverser et l’autre, vif, optimiste, quand renaît l’espoir et que la vie repart.

Si je les écoutais…(2008) 15’   

à Rivka Crémisi

Commande de l’état, crée à Radio-France dans le cadre de la saison
multiphonies GRM  2007/2008, 50 ans du GRM.

Prises de sons en collaboration avec Esteban Anavitarte et Marco Marini.

Cette composition est une première expérimentation musicale d’un projet autour d’un triptyque inspiré par la figure de l’Ange dans les trois traditions du livre : judaïque, chrétienne et musulmane.

Le dialogue des cultures est une alternative à la mise en œuvre de nouvelles voies pour le développement humain qui a surtout besoin de valeurs de tolérance, de solidarité, d’altruisme et de rejet des égoïsmes les plus farouches.

 

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